Guide · location courte durée

Taxe de séjour et location Airbnb : qui la paie, qui la collecte

La taxe de séjour fait partie des premières questions que l’on se pose en louant un logement à des vacanciers. Elle n’est pas à votre charge : c’est le voyageur qui la paie. Reste à savoir qui la collecte, comment elle se calcule et ce que vous devez faire selon que vous louez par une plateforme ou en direct.

Mis à jour le · 6 min de lecture

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil personnalisé. La taxe de séjour est fixée localement : ses tarifs et ses modalités varient d’une commune à l’autre et peuvent changer chaque année. Vérifiez toujours la situation à jour auprès de votre commune ou de votre intercommunalité, et sur service-public.gouv.fr.

Le principe : une taxe payée par le voyageur

La taxe de séjour n’existe pas partout : c’est la commune, ou l’intercommunalité selon les cas, qui décide de l’instituer et qui en fixe les tarifs. Là où elle s’applique, elle est due par les personnes qui séjournent dans la commune sans y être domiciliées : vos voyageurs, donc.

Votre rôle d’hôte est celui d’un intermédiaire. Comme le rappelle service-public.fr, le loueur collecte la taxe auprès du client, puis la reverse à la commune ou à l’intercommunalité. L’argent ne vous appartient pas : il transite simplement par vous, ou par la plateforme qui encaisse le paiement à votre place.

Par personne et par nuitée : comment elle se calcule

Dans la grande majorité des cas, la taxe est perçue « au réel » : elle dépend du nombre de personnes qui ont réellement séjourné dans le logement. Elle se calcule par personne et par nuitée, une nuitée correspondant à une nuit passée par une personne. Un couple qui reste trois nuits représente ainsi six nuitées ; une famille de quatre pour une seule nuit, quatre nuitées, avant d’éventuelles exonérations.

Le tarif d’une nuitée dépend de la catégorie de l’hébergement :

  • Meublé de tourisme classé (de une à cinq étoiles) : un tarif fixe par personne et par nuitée, voté par la commune pour chaque catégorie.
  • Meublé non classé : un pourcentage du prix de la nuitée par personne, compris entre 1 % et 5 % selon la délibération de la commune, et plafonné.

Une taxe additionnelle au profit du département peut s’ajouter à la part communale, et, dans certains territoires, une taxe additionnelle régionale.

Certaines personnes sont exonérées : les mineurs, les titulaires d’un contrat de travail saisonnier employés dans la commune, les personnes bénéficiant d’un hébergement d’urgence ou d’un relogement temporaire, et celles qui occupent un local dont le loyer est inférieur à un montant fixé par la commune.

Enfin, quelques communes appliquent un régime « au forfait » : la taxe est alors due par l’hébergeur lui-même, calculée sur la capacité d’accueil du logement et sur le nombre de nuitées de la période fixée par la commune, que le logement soit loué ou non. Dans ce cas, ce n’est pas au voyageur de la payer, et les plateformes ne la collectent pas.

Sur Airbnb et les plateformes : qui collecte ?

Depuis 2019, les plateformes qui encaissent le paiement pour le compte de loueurs non professionnels ont l’obligation de collecter la taxe de séjour au réel, puis de la reverser à la collectivité. Concrètement, quand un voyageur réserve, la plateforme ajoute la taxe au montant qu’il paie et la reverse elle-même : vous n’avez rien à encaisser pour ces nuitées.

Quelques réflexes restent utiles :

  • Vérifiez que la collecte est bien active pour votre logement : le détail d’une réservation ou de vos versements, dans votre espace hôte, le montre en général. Le centre d’aide de chaque plateforme explique comment elle procède.
  • Ne la faites pas payer deux fois : si la plateforme la collecte déjà, ne l’ajoutez pas à votre prix ni à une demande de paiement sur place.
  • Si la plateforme n’encaisse pas le paiement (paiement direct au loueur, par exemple), c’est en principe à vous de collecter la taxe, comme pour une location en direct.
  • Si vous êtes loueur professionnel ou si votre commune applique le régime au forfait, les règles de collecte peuvent être différentes : renseignez-vous auprès de votre commune.

En direct : c’est à vous de collecter

Lorsque vous louez sans plateforme (site personnel, habitués, bouche-à-oreille), la collecte vous revient entièrement :

  1. Calculez la taxe pour le séjour : nombre de personnes, nombre de nuits, exonérations éventuelles, tarif de votre commune pour votre catégorie d’hébergement.
  2. Encaissez-la auprès du voyageur, en l’indiquant à part du prix de la location sur votre confirmation ou votre facture : c’est plus clair pour lui comme pour vous.
  3. Gardez une trace de chaque séjour : dates, nombre de personnes, nombre de nuitées, montant collecté. Ces éléments vous seront demandés au moment de la déclaration.
  4. Reversez-la à la collectivité aux échéances qu’elle a fixées.

Où trouver le tarif de votre commune

Chaque collectivité vote ses tarifs et sa période de perception, qui peuvent évoluer d’une année sur l’autre. Pour connaître ceux qui s’appliquent à votre logement :

  • Le site de la DGFiP consacré à la taxe de séjour, taxesejour.impots.gouv.fr, permet de consulter les tarifs par commune.
  • Le site de votre commune, de votre intercommunalité ou de l’office de tourisme : beaucoup publient un guide pratique de la taxe de séjour à destination des hébergeurs.
  • Le service taxe de séjour de votre mairie : c’est l’interlocuteur de référence en cas de doute, notamment sur le classement de votre logement ou sur le régime appliqué.

Déclarer et reverser

Les modalités de déclaration sont fixées par chaque collectivité : périodicité, calendrier des reversements, formulaire ou plateforme de déclaration en ligne. Avant votre première location, demandez à votre commune comment elle procède.

  • Pour les séjours réservés en direct, vous déclarez les nuitées et reversez la taxe collectée selon le calendrier de la collectivité.
  • Pour les séjours réservés par une plateforme qui a collecté la taxe, c’est elle qui la reverse. Certaines collectivités demandent néanmoins aux hébergeurs de déclarer l’ensemble de leurs nuitées, en distinguant celles déjà prises en charge par une plateforme : renseignez-vous.
  • En cas de régime au forfait, c’est vous qui déclarez et payez, selon les règles fixées par la commune.

La taxe de séjour ne se confond pas avec la déclaration de votre meublé en mairie, qui est une démarche distincte : notre guide Déclarer son meublé de tourisme en mairie fait le point. Elle ne se confond pas non plus avec vos revenus locatifs, que vous devez déclarer par ailleurs.

En résumé

  • La taxe de séjour est payée par le voyageur, là où la commune l’a instituée.
  • Elle se calcule par personne et par nuitée, selon un tarif fixé par la commune et la catégorie du logement.
  • Les plateformes qui encaissent le paiement la collectent et la reversent pour les loueurs non professionnels.
  • En direct, c’est à vous de la collecter, de la déclarer et de la reverser.
  • Les tarifs se consultent sur taxesejour.impots.gouv.fr et auprès de votre commune.
  • En cas de doute, votre mairie ou votre intercommunalité reste l’interlocuteur de référence.

Pour aller plus loin, la fiche « Faire de sa résidence principale une location de vacances » de service-public.gouv.fr évoque la taxe de séjour, et le guide pratique des taxes de séjour publié sur collectivites-locales.gouv.fr détaille les règles applicables. Pour préparer chaque séjour sans rien oublier, voyez aussi notre checklist d’arrivée des voyageurs.

À lire aussi

Nuitée n’est affilié à aucune plateforme de réservation. Airbnb, Booking.com et Abritel sont des marques de leurs propriétaires respectifs.